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Forum Spécial 80 & 90

Publié par Nostradam

Serge Gainsbourg, de son vrai nom Lucien Ginsburg, est un auteur compositeur interprète français qui connaît une enfance particulièrement troublée et chaotique. Troubles en partie dûs aux origines judéo-russes de la famille Ginsburg qui vont obliger cette dernière à fuir Paris pendant la seconde guerre mondiale pour éviter la déportation. Le petit Lucien devra ainsi passer une grosse partie de la guerre soit caché, soit dissimulé sous une fausse identité.

De retour à Paris après la guerre, et peu doué pour les études, il abandonne peu avant le Bac et tente les Beaux Arts sans plus de réussite. Il vit de petits métiers jusqu’à l’âge de 30 ans tout en ayant comme principale activité parallèle la peinture, passion qui l’anime depuis des années.

A partir du milieu des années 50, après avoir eu une « révélation » en voyant Boris Vian interpréter des textes à l’humour provocant, il va délaisser progressivement la peinture au profit de la musique. Il devient ainsi pianiste d’ambiance et commence à composer ses premiers morceaux.

C’est Francis Claude, directeur de cabaret et la chanteuse Michèle Arnaud qui, en lui rendant visite pour voir ses peintures, vont découvrir par hasard ses premières compositions et vont être littéralement stupéfaits de leur qualité. Nous sommes alors en 1958 et le destin de Gainsbourg va s’en trouver considérablement bouleversé.

Coup du destin qui va lui permettre de sortir cette année là son premier album « Du chant à la une ». Album dont va être extrait un certain… « Le poinçonneur des Lilas ». Même si l’album est un échec commercial, le titre lui remporte un franc succès.

Malgré ce démarrage encourageant, la suite va s’avérer quelque peu compliquée avec une traversée de la période yéyés quelque peu tourmentée. Le public et les critiques ne sont pas tendre avec lui, notamment sur son physique. Seule « lumière » dans cette période troublée, sa collaboration avec Juliette Gréco pour laquelle il écrit en 1962 l’un de ses plus morceaux à savoir « La Javanaise ».

Il va prendre une sacré revanche sur le destin, et surtout tous ses détracteurs, lorsque France Gall remporte en 1965 le concours de l’Eurovision avec  un titre qu’il a spécialement écrit pour elle. Un certain « Poupée de cire poupée de son ». Le titre est un énorme succès.

Il récidive un an plus tard en 1966 avec la même chanteuse et lui offre un nouveau titre taillé sur mesure avec le très ambigu « Sucettes à l’anis ». Gainsbourg devient désormais incontournable.

L’année 1967 restera surement comme l’une des années les plus importantes de la carrière du chanteur car il y rencontre une certaine….BB. Avec laquelle il va vivre une passion fulgurante et pour laquelle il va écrire certains de ses plus beaux morceaux comme « Initials B.B. », « Harley Davidson », « Bonnie and Clyde » mais aussi et surtout le sublimissime « Je t’aime…moi non plus ». Titre phare de sa discographie et qui restera comme l’un des titres les plus forts de la décennie à posteriori. Version qui restera secrète à la demande de Brigitte Bardot et qui ne sortira officiellement qu’en 1986.

Deuxième rencontre providentielle un an plus tard en 1968 lorsqu’il croise le chemin de…Jane Birkin. Future muse qu’il rencontre sur le tournage du film Slogan. Il lui offre sur un plateau la version ‘officcielle’ de « Je t’aime…moi non plus » ainsi que « 69 année érotique ». Deux titres qui vont faire exploser la notoriété de la chanteuse du jour au lendemain. Le couple va devenir incontournable pendant plus d’une dizaine d’années.

Les années qui vont suivre et surtout la décennie 70 vont permettre au chanteur d’atteindre un niveau de reconnaissance inégalé. Notamment grâce à 4 albums phares que sont « Histoire de Melody Nelson » en 1971 qui produira le titre phare « Ballade de Melody Nelson ».  « Vu de l’extérieur » en 1973 qui lui produira principalement l’énormissime « Je suis venu te dire que je m’en vais ». « Rock around the bunker » en 1975, à la qualité moindre, rejeté par les radios par son ôté ouvertement outrancier et dont aucun titre d’exception ne sera extrait. Et enfin « L’homme à la tête de chou » en 1976 dont sera extrait principalement le sulfureux « Variations sur Marilou ».

Année 70 qui vont également rimer avec premiers pépins physiques dont notamment un premier infractus en 1973. Pépin sérieux qu’il prend à la légère en décidant de boire et fumer encore plus.

Décennie qu’il finit en beauté en 1979 avec ce qui restera comme l’un de ses opus parmi les plus aboutis avec l’album « Aux armes et caetera ». Très orienté reggae, l’album va produire des titres désormais cultes comme « Aux armes et caetera », « Lola Restaquouère », « Des laids des laids » mais également le très swingy-jazzy « Vieille canaille ». Mais le titre « Aux armes et caetera » va créer une énorme polémique, notamment auprès d’anciens militaires. Et l’artiste va très mal vivre toutes les attaques dont il fera l’objet, tant du côté de la presse que du public.

Le début de la décennie 80 va s’avérer nettement plus compliqué et le chanteur va montrer une personnalité de plus en plus décousue, instable, souvent à la limite de la caricature et de l’outrance. Malgré sa rencontre avec Bambou en 1981, qui sera sa nouvelle muse pendant quelques années, il se sent profondément incompris et ne supportent plus les critiques qui fusent de toute part. C’est ainsi que naît le personnage de Gainsbarre, clone peu fréquentable et qui va se permettre tous les excès, tant physiques que verbaux.

Beuverie, vie dissolue, déchéance physique, comportement outrancier sur les plateaux vont devenir son quotidien. Sens de la provocation et de l’auto-destruction qui aura comme point d’orgue la fameuse scène en 1984 où il brûle un billet de 500 francs sur le plateau de 7/7. Geste qu’il essaye de justifier en réponse au soit disant racket fiscal… La France est littéralement sous le choc. Gainsbarre ne fait plus rire.

Nouveau scandale deux ans plus tard en 1986 lors d’un Champs-Elysées, émission culte présentée par Michel Drucker où il se permet de dire à propos de Whitney Houston qui se tient devant lui : « I want to fuck her »  (je veux la baiser).

Mais Gainsbourg continue de composer et n’a rien perdu de son talent. La preuve avec deux albums « Love on the beat » en 1984 et « You’re under arrest » en 1987 qui vont produire bon nombres de hits.

« Love on the beat » va produire le single du même nom, ainsi que « No comment ». Mais aussi et surtout le sulfureux « Lemon incest », qu’il interprète avec sa fille Charlotte et qui va déclencher une nouvelle fois la polémique.

« You’re under arrest » va produire, entre autres, le magnifique « Aux enfant de la chance », mais également un titre nettement plus orienté Dance et qui connaitra son heure de gloire dans les discothèques de l’héxagone à savoir « Mon légionnaire ».

Le passage à la décennie 90 verra un Serge Gainsbourg s’assagir et écrire beaucoup plus pour les autres que pour lui-même. L’une de ses plus belles réalisations étant l’album « Variations sur le même t’aime » pour Vanessa Paradis où il signe toutes les paroles. Album qui produira le magnifique « Dis lui toi que je t’aime » ainsi que le titre phare « Tandem ».

Mais le destin va rattrapper l’artiste le 2 mars 1991. Le chanteur va être victime de son cinquième infractus et celui-ci sera bel et bien le dernier. Il meurt pendant son sommeil et l’album de blues qu’il comptait enregistrer quelques jours après ne verra jamais le jour.

Laissant la France orpheline d’un des plus grands compositeurs du XXème siècle, à la personnalité, au physique et au talent hors normes. Et qui laissera dans l’histoire des chefs d’œuvre qui lui survivront pendant des siècles et des siècles…

A découvrir ou redécouvrir.

Discographie (entre autres...) :

  • Le poinçonneur des lilas 1959
  • L’eau à la bouche 1960
  • A chanson de Prévert 1961
  • La Javanaise 1962
  • Couleur café 1964
  • Qui est In, qui est Out ? 1966
  • Dr Jekyll et Mister Hyde 1966
  • Elisa 1967
  • Comic streep 1967
  • Sous le soleil (Anna Karina) 1967
  • Bonnie and Clyde 1967
  • Requiem pour un con 1968
  • Initials BB 1968
  • Ford Msutang 1968
  • Je t’aime moi non plus 1969
  • 69, année érotique 1969
  • Ballade de Melody Nelson 1971
  • Je suis venu te dire que je m’en vais 1973
  • L’ami caouette 1975
  • Ma lou Marilou 1976
  • Ma lady heroine 1977
  • Sea, sex and sun 1978
  • Des laids des laids 1979
  • Aux armes et caetera 1979
  • Lola rastaquouere 1979
  • Dieu est un fumeur de havane 1980
  • Ecce homo 1981
  • Love on the beat 1984
  • No comment 1984
  • Lemon incest 1985
  • Sorry angel 1985
  • Aux enfants de la chance 1987
  • Mon legionnaire 1988
Requiem pour un con...

1958...les premières compositions d'un p'tit chanteur qui ne paie pas de mine. Un chanteur lambda qui va devenir l'un des plus talentueux compositeurs du XXième siècle !

1960...un physique hors norme, un style hors norme et surtout, un talent hors norme. Dès le départ, force est de constater que le petit Lucien à vraiment quelque chose de différent !

1961...nous n'en sommes qu'au début et les choses sont déjà claires : cet homme a vraiment un don tout particulier et un sens musical qui dépasse largement la moyenne de la concurrence

1962...chaque année contient désormais au moins 1 titre d'exception. Et c'est parti comme ça pour des décennies....

1964...l'année 63 étant une année sans grande inspiration, l'exception faisant la règle, nous voici donc rendu l'année suivante en 1964. Avec une chanson légère et coquine à souhait, un registre qu'on ne lui connaissait pas vraiment !

1966...aucun titre en 65. Le voici revenir en force en 66 avec un titre qui préfigure une suite qui s'annonce énormissime. Notamment grâce à ce style musical unique en son genre et qui va devenir sa Marque de Fabrique pour les années à venir...

1966...une GROSSE année avec une succession de succès d'envergure. La notoriété du chanteur monte crescendo et il s'impose de plus en plus comme l'un des futurs très Grands de la scène musicale française

1967...chaque titre devient un événement à lui tout seul. Les sonorités, toutes comme les mélodies, sont vraiment atypiques et hyper novatrices. La légende est en marche !

1967...l'association avec une certaine BB va faire des merveilles. Le physique très particulier du chanteur ne l’empêchera jamais d'obtenir le meilleur des plus belles...

1967...il fait des merveilles pour lui, mais combien de merveilles va-t-il écrire pour les autres...? Ce titre est surement l'un des plus beaux exemples de son inspiration infinie et sa capacité hors norme à transcender les femmes à travers ses chansons

1967...la Belle et la Bête... réunis une nouvelle fois sur un titre hallucinant qui restera incontestablement comme l'un des plus gros titres de la décennie. La Dream Team !

1968...il signe ici la BO du film 'Le Pacha". Un titre totalement hallucinant, à la rythmique reconnaissable entre toutes et qui va marquer toute une époque !

1968...BB est partout. Quand elle n'est pas là physiquement, elle est là dans les textes. Un titre inspiré du début du premier mouvement de la symphonie N° de 9 dite 'Du nouveau monde' de Dvorák...rien que ça !

1968...et toujours cette ambiance bastringue, unique en son genre, et qu'on retrouve sur un nombre importants de titres. Sans compter les expressions d'arrière chanson dont il est le maître incontesté et incontestable

1969...la MERVEILLE. Surement l'un de ses plus purs Chefs d'Oeuvre, une nouvelle fois en duo avec BB. Cette version originale est surement la plus inspirée... Une inspiration hallucinante, tout comme l'orchestration, qui portent une mélodie dont seul un génie peut accoucher...

1969...une Muse en chasse un autre. Après BB, voici venir le temps de Jane. Et qu'elle que soit celle qui l'inspire, le résultat est le même : du génie à l'état pur !

1971...changement de décennie, nouvelle muse et changement de sonorité. Le nouveau Gainsbourg est arrivé. La transition se fait tout en douceur...

1973...il y a vraiment quelque chose qui a changé. Les trouvailles sonores incroyables de la décennie 60 ont fait place à des mélodies plus tranquilles. Le talent est toujours évident mais le petit Lucien semble s'assagir...

1975...une nouvelle incursion dans le barré et le festif, chose rarissime de sa part. Et ma foi, ça a le mérite de pulser c'est le moins qu'on puisse dire !

1976...même si l'on a perdu une partie de la folie positive et créatrice qui l'habitait pendant les années 60, les titres produits continuent de tenir la route, c'est le moins qu'on puisse dire

1977...c'est un Gainbourg assagi, peut être un peu trop d'ailleurs, qui déroule tranquillement mais surement. Une décennie qui manque parfois d'inspiration géniale...

1978...ah, revoilà le Gainsbourg qu'on aime. Un titre rythmé, enjoué et qui fleure bon le sable chaud. Il était temps !

1979...voici venir la période reggae et déjantée. Mais pas forcément déjantée dans le bon sens du terme. On sent l'artiste à un carrefour de son génie musicale et il y a du bon, comme du moins bon...

1979...surement l'un de ses plus gros titres polémiques. Gainsbourg est en train de muter en Gainsbarre et ce n'est pas forcément ce que l'on attendait...

1979...on finit l'année un peu mieux qu'on ne l'a commencé. Certains titres sont franchement inspirés, d'autres nettement moins. Celui-ci ferait plutôt partie de la 1ère catégorie...

1980...après Bardot, après Birkin, voici venir Deneuve. Et comme toujours, dès que Gainsbourg écrit pour les femmes, le résultat est exceptionnel. Il signe ici incontestablement l'une de ses plus belles chansons

1981...Dr Gainsbourg et Mister Gainsbarre. C'est parti pour la grande déglingue, l'exubérance et la provoc. Pas vraiment ce qu'il a fait de mieux...

1984...la série des titres polémiques et sulfureux. L'artiste est pourtant tout à fait dans l'air du temps coté sonorité. Mais pour le reste, c'est provoc à donf !

1984...une GROSSE année 84 qui le voit sortir titre sur titre. Gainsbarre est au summum de ses possibilités. Les meilleures comme les pires !

1985...ce qui restera surement l'un de ses titres parmi les plus polémiques. Un duo somptueux orchestrée avec sa fille Charlotte mais un duo parfois très limite...tout comme les paroles....

1985...les chansons sont de plus en plus noires, à l'égal de l'humeur de l'artiste. Depuis une dizaine d'années, l'artiste a basculé dans un côté obscur dont il ne sortira plus jamais...

1987...il aura réussi à traverser 4 décennies tout en y laissant plusieurs Chefs d'Oeuvre musicaux. Une prouesse rarissime dû à un génie musical qui restera pour toujours comme l'un des plus inspirés...

1988...il signe ici de façon incontestable l'un des meilleurs titres Dance de la décennie. A chaque décennie son style Gainsbourg, à chaque décennie son empreinte indélébile !

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